NEVER A DULL MOMENT IN THE CHARTER BUSINESS
Faut que je vous raconte ce qui m’est arrivé cet après midi, et qui illustre parfaitement l’adage: “Never a dull moment in the charter business”.
C’est un adage que j’ai inventé moi même. On n’est jamais aussi bien servi que par soi même. Ce dernier, par contre, c’est pas moi qui l’ait inventé.
Je préviens tout de suite la palanquée de meufs hyper bonnes qui lisent régulièrement ce blog et qui rêvent humidement d’une rencontre avec son auteur, va falloir se farcir un peu de technique, sinon tu peux pas comprendre.
Quant à toi, lecteur bricoleur, tu pourrais presque trouver ça intéressant, pour peu que t’aies déjà quelques notions.
Comme les plus assidus d’entre vous le savent déjà peut être, je loue des bateaux. A des gens donc. La base est située dans le lagon de Simpson Bay. Vu de la colline, ça ressemble un peu à ça :

Vu de tout là haut, c’est plutôt comme ça :
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Comme vous pouvez le constater, le camp de base – ou les bateaux sont garés – est situé dans ce que l’on appelle le lagon. Peu de points communs avec Bora Bora, je vous l’annonce sans retenue, sinon vous courrez à la déception, mère de toute les névroses, c’est bien connu.
Pour accéder à la mer, on passe par un chenal, ou l’on trouve un pont levant. Je vous ai dessiné le chemin à suivre en rouge. Je suis gentil, hein ?
Il faut savoir que le lagon est très mal balisé, et qu’un certain nombre de bancs de sable en plombe l’accès. Il est très facile d’y planter la quille de son bateau.
Je suis donc obligé de piloter moi-même les bateaux au départ et au retour des clients, sinon, c’est la misère, ils s’échouent dans tous les coins, et après faut désenliser, c’est ballot.
Jusqu’à présent, tout le monde suit ? Des questions ? Non ? Très bien, continuons…
Ce matin, je suis donc allé chercher Triple Dog Dare, un beau catamaran de 45 pieds, soit environ 15 mètres:

Belle bête, faut le dire, un Léopard, une construction Sud Africaine. Petite parenthèse éducative : l’Afrique du Sud est un pays venteux, baigné par 2 océans. L’Africain du Sud, personnage rude, mais cependant très fidèle, est un compagnon apprécié de tous, qui fabrique des bateaux solides, aptes à résister aux conditions les plus sévères. Dans les rues de Cape Town, les jours de grand vent, les enfants de moins de 5 ans s’envolent. Fermons la parenthèse.
Triple Dog Dare était loué par 3 hollandais, qui si je peux permettre, ne sont pas encore prêts à s’engager dans une relation durable et stable. Plutôt axés sur la déconne, les mecs. Ils vivent à New York, ils ont dans les 30/40, archétypes du métrosexuel. Ca se dit encore ce terme, ou je suis complètement out ?
C’était la fin de leur charter, et j’allais donc piloter leur bateau de la mer jusqu’au quai. Nous devions passer dans le chenal à l’occasion du pont levant de 11h30. Ils étaient arrivés la veille, me semble t’il, et avait ancré le bateau à peu près là ou vous voyez une croix, avant d’aller passer la nuit dans les boites de stripteaseuses de Simpson Bay.

Un peu après 11 heures, je me rends donc à bord, et m’affaire à relever l’ancre, afin de ramener le bateau au quai.
Or, pas de chance ce matin, leur ancre s’était accrochée à un foutu putain de bordel de tuyau à la con, qui déverse je ne sais quel saloperie à la mer depuis la cote, et que ça fait 2 fois cette saison qu’un de mes bateaux met son ancre dessus.
Malgré tous mes efforts, impossible de dégager l’ancre. J’ai même plongé pour essayer de l’enlever à la main, mais 6 mètres de fond divisé par un paquet de marlboro light multiplié par tous les jours égale j’y arrive pas, je crois que je vais perdre un tympan et que mes poumons vont imploser en faisant pchit pchit.
Le pont s’ouvre finalement, nous sommes toujours bloqués, c’est loupé, le bateau restera dehors jusqu’à nouvel ordre, jusqu’à ce que je trouve un moyen de remonter la ligne de mouillage.
Je débarque les métrosexuels à l’aide du dinghy, et m’empresse d’appeler Pascal, homme grenouille de son état. Attention à ne pas confondre homme-grenouille et Créature des Marais. Ca n’a rien à voir.
Rendez vous est pris pour l’après midi, ça tombe bien, il a justement un boulot à faire à Simpson Bay, il plongera sur l’ancre juste après (l’homme grenouille, pas la créature…).
Bon, si vous êtes arrivé à ce stade de la lecture, c’est bien, parce que maintenant, il va y avoir un peu de suspens.
C’est vers 15h30 que Pascal m’appelle pour que je vienne le chercher sur le bateau sur lequel il travaillait, et que je l’emmène sur Triple Dog.
Je quitte joyeusement le bureau - je suis d’un tempérament jovial par nature – sans me douter du drame atroce qui est en train de se jouer. En arrivant dans Simpson Bay, je ne peux que constater que Triple Dog n’est plus là ou je l’ai laissé à midi…
OH PUTAIN OH PUTAIN IL EST OU CE CON ???
La suite au prochain épisode…










Comments
C’est vrai que c’est couillon un bateau bloqué qui se barre ;-)
Jid
juin 10th, 2008
Absolument ballot… Et Sainte Vache, il était bien bloqué.
La clé du mystère bientôt :)
admin
juin 10th, 2008
[...] caché mais au moins il n’est pas perdu. Lisez les effroyables aventures de mon ami David au sujet d’un cata bien plus gros et, si vous aimez naviguer, vous aurez des sueurs [...]
la Créature des Marais » Mais où est passé le Hobie 14 de la Créature ?
juin 11th, 2008
elle est où la suite viiiiiite……
et tu remarqueras que je suis une fille , que je suis “hyper bonne ” et que je comprends toute la technique de ton engin…..
bon la suite….
Homéo
juin 16th, 2008
[...] Nous avons joué à tisser des toiles d’araignée avec les aussières des bateaux (les cordes qu’on utilise pour les attacher au quai) – heureusement 2 uniquement sont à flôt, tandis que le reste de la flotte est au sec au chantier. Ci dessous, Triple Dog Dare, dont je vous avais déjà parlé ici. [...]
Omar incurve sa trajectoire vers le nord, menacant directment les iles vierges | The Real Blog
octobre 15th, 2008
mais tu l’as retrouvé où Triple Dog?????
A moins que ça soit moi la triple buze…¨
Possible… tout est possible…
Jouliana
octobre 18th, 2008
Bah Jouliana, faut lire la suite… C’est l’article suivant.
admin
octobre 18th, 2008